Tribune de mars 2010

Nous ne voulons pas de la privatisation de l’hôpital public

La fusion des hôpitaux d’Etampes et de Dourdan est effective depuis le 1er janvier 2010. S’il ne s’agissait que de mettre des moyens en commun pour mieux soigner les patients, nous ne pourrions qu’applaudir. La réalité est bien différente et la logique qui préside au rapprochement des deux hôpitaux sud essonniens ne fait que reprendre celle de la loi Bachelot. Prenant pour motif le déficit de l’assurance maladie, elle impose le regroupement des hôpitaux publics en grands «pôles hospitaliers», ce qui lui permet ainsi de supprimer 4000 postes à l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, favorisant le secteur privé. La nouvelle répartition des activités doit donc répondre à l’obligation de l’équilibre financier pour 2012. Elle se traduit ici par le transfert de la « chirurgie molle » à Etampes, laisse planer les incertitudes sur le maintien de la maternité de Dourdan qui ne réalise que 600 accouchements par an, bien en dessous des normes imposées par l’Agence Régionale d’Hospitalisation (ARH) et surtout, les risques qui pèsent sur le service pharmaceutique de reconstitution d’anti-cancéreux de Dourdan. Le projet de création d’un service similaire à l’hôpital d’Etampes remet en cause la pérennité de cette activité sur Dourdan qui a pourtant su développer depuis 1996 une expertise et un savoir faire reconnus. Si la ville d’Etampes semble retirer un bénéfice de cette fusion en accueillant de nouveaux services, il n’en est pas de même pour le reste des populations du Sud-Essonne pour qui l’offre de soins sera «éclatée». Cette partie du département est rurale, les voies de communication y sont mal adaptées et les transports en communs quasi inexistants. Ce sont les patients et les familles de personnes hospitalisées qui vont en pâtir! C’est donc le problème de l’accès aux soins pour la population aujourd’hui desservie par Dourdan qui comprend toute la population rurale de l’Essonne et d’une partie de l’Eure et Loir qui est posée. C’est donc un trompe-l’oeil.

Cela résoudra t-il le problème du déficit de l’assurance maladie? Sûrement non ! Il est d’abord le résultat des politiques économiques et sociales menées, de leur échec, du rationnement comptable et du refus de doter le système de santé des moyens et des financements indispensables.
Il convient de revaloriser et non de détruire le statut de l’hôpital public, imposer d’autres critères que la rentabilité financière, mettre un terme à la folie des fermetures, fusions-restructurations, qui ne visent qu’à réduire les dépenses en personnel, à organiser la déshérence de l’hôpital public et à plier sous la domination du privé. La gestion par des groupes privés des nouveaux services créés à Etampes comme l’IRM ou le centre de dialyse, en sont les premiers effets pervers. Si le besoin d’un centre de soins de proximité est évident, rien ne justifie ce choix d’un centre privé, ouvert par une multinationale du «marché de la santé».
Nous réaffirmons que la maladie et les souffrances qui l’accompagnent ne doivent pas relever du marché et du règne des profits.


La multinationale qui ouvre ce centre est la filiale d’un groupe qui gère 2 500 établissements de soins dans le monde et opère dans plus de 100 pays et a obtenu en 2008, un résultat net de 818 millions de dollars ! La psychiatrie n’est pas épargnée avec le départ de 5 services sur 9 d’Étampes vers Perray–Vaucluse en 2012 et la vente d’une partie des terrains de Barthélémy-Durand que les promoteurs de la « bande du Fouquet’s » doivent lorgner avec envie. Le député Marlin, membre de la majorité UMP, contribue à la casse du Service Public de Santé. Le maire UMP, président du Conseil d’Administration de l’hôpital d’Étampes poursuit sa lente privatisation.
Pour le Rassemblement de la gauche, des écologistes et républicains, la priorité va au service public, « fabricant de solidarité » et donc porteur de l’intérêt du plus grand nombre. Etampes doit-être un territoire de résistance à l’application de la loi « hôpital patient santé territoire » et aux inégalités de plus en plus criantes engendrées par la politique du gouvernement, à la marchandisation de la santé, à la remise en cause de l’assurance maladie.


Vos élus Étampes Solidaire.
Didier Chareille, Jonas Malonga, Monique Huguet, François Jousset

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